Les araignées

Auteur : Herbert Levi, Muséum de zoologie comparée d’Harvard
Traduit par Cornel Chéreau

Définir l’araignée
Les araignées appartiennent à l’embranchement Arthropoda, tout comme les insectes et les crustacés. L’ordre des araignées, Araneae, forme — avec les scorpions, les opilions, et le grand ordre des acariens et des tiques —la classe Arachnida. Les araignées se distinguent des autres arachnides par leur corps divisé en un céphalothorax et un abdomen. Environ 43 000 espèces d’araignées sont connues, mais il en reste encore beaucoup à découvrir et à décrire.

Habitat, caractéristiques physiologiques, et comportement
Les araignées se trouvent dans tous les habitats terrestres et sur tous les continents. On en trouve même sur ou dans l’eau douce. Elles peuvent mesurer de moins de 1 mm de long jusqu’à 25cm (10 pouces), taille de la mygale tropicale pattes étendues. Les araignées sont plus abondantes dans les tropiques que dans les pays froids. Elles se nourrissent de proies vivantes, généralement des insectes. Beaucoup d’araignées chassent leur proies, certaines construisent des terriers avec des trappes, d’autres chassent à l’affût en se camouflant sur des plantes, et enfin, beaucoup construisent des toiles pour piéger les insectes. Les araignées qui chassent peuvent avoir une bonne vue, alors que les araignées tisseuses de toiles ont une mauvaise vision mais un excellent sens du toucher. De fins poils sur leurs pattes, les setae, sont des organes sensoriels qui permettent la détection des vibrations. La plupart des araignées sont solitaires, mais dans les climats plus chauds certaines araignées sont sociales, et vivent en grand nombre dans une même toile. Parmi les prédateurs des araignées, on trouve des guêpes, des araignées et des oiseaux.

Le corps d’une araignée est constitué à l’avant d’un céphalothorax et à l’arrière d’un abdomen, tous deux joints par un pédicelle. Le céphalothorax contient le cerveau, l’estomac, et généralement les glandes à venins. Le tube digestif, les vaisseaux sanguins, le cordon nerveux et quelques muscles traversent le pédicelle. L’abdomen contient le cœur, les systèmes digestifs et reproductifs, les poumons ou trachées (tubes respiratoires), ainsi que les glandes à soie. Il est segmenté uniquement chez un petit groupe d’araignées du sud-est de l’Asie. A l’extrémité postérieure il porte généralement six filières avec des fusules, chacune sécrétant un type de soie différent. .

Il y a généralement huit yeux simples sur le céphalothorax, parfois moins. Attaché à l’avant du céphalothorax se trouve une paire de chélicères, chacune avec un crochet contenant un canal à venin ; quatre paires de pattes ; et entre les chélicères et les pattes, une paire de courts pédipalpes ressemblant à des pattes. .

Les pédipalpes du mâle sont plus grands et sont modifiés pour ramasser le sperme qui provient d’une ouverture sur la face ventrale de l’abdomen et qu’il a préalablement déposé sur un brin de soie. Les pédipalpes transfèrent ensuite le sperme dans l’ouverture génitale de la femelle, qui est chez la plupart des araignées l’épigyne. L’épigyne de la femelle et les pédipalpes du mâle sont importants pour les taxonomistes afin de distinguer les espèces. .

La femelle dépose ses œufs enveloppés dans un sac de soie imperméable appelé cocon : cela va de seulement quelques œufs pour les araignées qui gardent le cocon jusqu’à des centaines pour d’autres. Les jeunes araignées éclosent et deviennent matures après 4 à 12 mues. Une mère araignée-loup transporte son cocon avec elle et les petits nouvellement éclos montent sur son abdomen. La plupart des araignées adultes vivent de 1 à 2 ans, mais les mygales femelles peuvent vivre 20 ans. .

Contrairement à d’autres animaux producteurs de soie, les araignées utilisent la soie de multiples façons. La plupart l’utilise pour envelopper leurs œufs et certaines construisent des nurseries de toile. Les jeunes araignées de certains groupes utilisent la technique du « ballooning » : elles grimpent sur de la végétation, éjectent un peu de soie, et se laissent emporter par le vent. La soie est utilisée par certaines araignées pour tapisser leur terrier et parfois pour fabriquer des trappes. La sécurité des araignées est assurée par un fil de sûreté de soie : si un ennemi approche, l’araignée peut se laisser tomber rapidement. L’utilisation la plus importante de la soie est la fabrication de toiles servant à piéger les insectes. Lors de la construction de la toile, certains fils de soie sont enduits de soie collante. L’araignée peut se tenir à côté de la toile dans un abri de soie, d’où elle réagit aux vibrations. Les araignées Bolas attirent les insectes avec une odeur et lance une boule de soie collante lorsque leur proie approche. De plus, la soie est utilisée pour envelopper et stocker les proies pour les repas futurs. .

Quelques types d’araignées qui peuvent vous intéresser
Les veuves noires (Latrodectus), qui sont présentes dans la plupart des régions du monde, excepté l’Eurasie centrale et septentrionale, sont venimeuses. La morsure est douloureuse mais rarement fatale. En Amérique, la morsure des recluses brunes provoque la nécrose des tissus dans la région de la morsure. La morsure d’Atrax, une tisseuse de toile-entonnoir venimeuse trouvée dans le sud et l’est de l’Australie, peut être fatale. Les grandes mygales des États-Unis ne sont pas venimeuses mais peuvent projeter leurs setae urticants.

Quelques méthodes pour observer les araignées
Les toiles d’araignées peuvent être facilement photographiées à contre-jour, ou légèrement saupoudrées de fécule de maïs ou de talc. Pour collecter des araignées, on peut balayer la végétation avec un filet à papillon, ou tamiser la litière du sol en utilisant un cylindre de tissu avec un grillage de 5mm (1/4 de pouce) sur le fond. Un piège au sol, une boîte de conserve ouverte enterrée au ras de la surface, va récupérer les araignées qui courent. Les araignées vivantes peuvent être gardées dans un terrarium avec une coupelle d’eau.

Références
  1. Foelix, R. F. 2011. The Biology of Spiders. 3rd ed. New York: Oxford University Press.
  2. Levi, H. W., and L. R. Levi. 2002. Spiders and their Kin. A Golden Guide. New York: St. Martin’s Press.
  3. Platnick, N. I. 2012. The World Spider Catalog. Version 13. Available online at http.//research.amnh.org/iz/spiders/catalog.